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Les parcs éoliens poussent comme des champignons ! Il y a 1 800 éoliennes en France aujourd’hui et le Grenelle de l’environnement en prévoit 8 000. Mais l’anarchie des implantations soulève de nombreuses questions. Les anti-éoliennes sont légion et organisés.
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Michel Vautaret.
Le projet du Rouvey toujours bloqué au tribunal
A Saint-Pierre-sur-Doux et Lalouvesc, à 1230 m sur la crête qui part vers Saint-Bonnet-le-Froid, la communauté de communes du Val d’Ay envisage la construction de six éoliennes. Michel Vautaret, vice-président chargé des énergies renouvelables, fait le point sur un dossier chaud.
Michel Vautaret, où en est le projet éolien, sachant que vous étudiez aussi un projet photovoltaïque ?
Les deux ne sont pas incompatibles et participent au même objectif d’utiliser, au maximum, les énergies renouvelables. EDF a obligation de racheter le kwh éolien 8,5 centimes pendant quinze ans, le kw photovoltaïque non intégré dans une toiture 32 centimes et le photovoltaïque intégré 61 centimes. Je vais visiter ces jours-ci un parc photovoltaïque en vue d’une installation à Ardoix, sur le site de Munas. La communauté de communes est en relation avec plusieurs sociétés...
Pour le projet éolien, le préfet a donné son feu vert en décembre 2008 mais l’association d’opposants Adhera a fait appel de cette décision au tribunal administratif de Lyon en mars dernier et nous attendons son jugement.
Qui exploitera le site si la décision du tribunal vous est favorable ?
C’est le constructeur lui-même, la société Ostwind, avec qui nous avons signé une charte. Pour autant, nous espérons créer une société d’économie mixte afin de pouvoir réunir des fonds et ainsi gérer une ou plusieurs éoliennes. Mais une éolienne coûte cinq millions d’euros et il est difficile de trouver des fonds. Nous avons sollicité la Caisse des dépôts et consignations. A travers une société financière, pourquoi pas aussi intéresser la population des environs. De tels projets ont abouti ailleurs.
Quel rapport attendez-vous de cette installation ?
Les modalités de la taxe sectorielle spéciale éolienne, qui va remplacer la taxe professionnelle, ne sont pas encore connues. Mais le jeu en vaut la chandelle, et puis je suis allé le constater en Allemagne du Nord, des éoliennes de vingt-cinq ans marchent encore très bien. En outre, les propriétaires des terrains percevront environ 3 000 euros par an et par éolienne.
Où sont les populations les plus proches ?
Au hameau du Rouvey, distant de 800 mètres. Mais il faut savoir que l’hélice la plus proche des habitations cessera de tourner lorsque le vent soufflera entre 4 et 7 mètres seconde, que toutes s’arrêteront au-delà de 90 km/h.
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Ce que l'on verra de St-Symphorien-de-Mahun.
«Un saccage des paysages!»
Contre le parc industriel du Rouvey : Lundi 24 octobre, le sous-préfet de Tournon recevra une délégation de toutes les associations anti-éoliennes d’Ardèche, emmenée par Jean-Marc Janody.
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Philippe Roth.
L’Association pour la défense de l’environnement du site du Rouvey en Haute-Ardèche (Aderha) sera représentée. Son président, Philippe Roth, peste : L’éolien industriel se développe de façon anarchique, en Ardèche et ailleurs. Dans notre département, 48 éoliennes ont été autorisées et 60 sont en projet. Le parc industriel d’éoliennes de 120 mètres de hauteur du Rouvey porterait gravement atteinte à l’identité culturelle des paysages de l’Ardèche verte. Il n’est pas compatible avec la protection des paysages remarquables.»
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Qui paiera le démantèlement ?
L’association anti-éoliennes industrielles, qui compte une centaine d’adhérents, pointe du doigt l’incompatibilité du projet du Rouvey avec les démarches de la commune de Saint-Symphorien-de-Mahun pour protéger son environnement, avec le tourisme religieux de Lalouvesc, avec l’avis défavorable du commissaire enquêteur que n’a pas suivi le préfet, avec le tourisme vert en général. L’Adhera accuse les promoteurs du projet de minimiser l’impact paysager des six mats géants, comme les nuisances sonores et visuelles ou encore l’impact sur la faune. Philippe Roth va plus loin : «Les pays qui possèdent un grand parc éolien, comme l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark, sont les principaux pollueurs en gaz à effet de serre. Car le vent ne suivant pas la demande en électricité, des centrales à fuel ou à gaz doivent être couplées à ces installations liées au vent.»
L’association dénonce encore le manque d’indication sur la rentabilité de l’opération, sur les frais d’entretien et de gestion, le démantèlement. Qui, en effet, aura charge de démonter les éoliennes hors d’usage d’ici un quart de siècle ?
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«Incroyables bénéfices pour les opérateurs»
«Les opérateurs éoliens réaliseront pendant quinze ans d’incroyables bénéfices de manière fictivement rentables, car EDF a l’obligation d’acheter l’électricité éolienne trois fois le prix du marché... facturant la taxe CSPE aux consommateurs. C’est scandaleux», estime Philippe Roth. Le militant a bien sûr signé le moratoire ardéchois qui demande le gel pendant dix ans des projets éoliens, et rejoint l’association Vent de colère, qui fédère quelque trois cents associations anti-éoliennes en France. Le militant prévient : «Même si on perd au tribunal, on pousuivra notre combat, car nous voulons que Saint-Symphorien devienne village de caractère, que le Rouvey reste le paradis des ramasseurs de champignons. L’éolien n’est qu’une mode financée artificiellement.»
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Coupe d'une nacelle d'éolienne.
Comment ça marche ?
Une éolienne est avant tout un dispositif mécanique destiné à convertir l’énergie du vent en électricité. Celle-ci se compose d’un mât, haut d’une centaine de mètres en moyenne et qui soutient la nacelle afin que celle-ci puisse capter des vents plus haut, donc plus puissants.
La nacelle abrite quant à elle la génératrice. Enfin le rotor, auquel sont fixées les trois pales, entre en mouvement grâce à l’intensité du vent et fait ainsi tourner un arbre mécanique. Le multiplicateur augmente la vitesse de ce dernier. L’énergie produite est ensuite convertie en électricité par la génératrice. Une éolienne produit de l’électricité lorsque la vitesse du vent se situe entre 3 mètres seconde et 25 mètres par seconde. Lorsque ce dernier seuil est atteint une sécurité automatique est actionné via le frein du rotor.
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Une des éoliennes de La-Motte-de-Galaure.
Vers la fin du système de prix réglementé ?
Le législateur, en l’occurrence l’Etat, a approuvé le protocole de Kyoto entré en vigueur en février 2005. De fait, les industriels ont été incités à s’intégrer dans les projets de développement durable, notamment le développement de parcs éoliens. «C’est ainsi que la Compagnie nationale du Rhône s’est lancée dans la production d’électricité, via l’éolien, explique Rolland Petrini, chargé de mission à la CNR. Nous restons dans notre domaine de prédilection, à savoir la production d’électricité. Seule la manière d’en produire change. Le site de La Motte-de-Galaure, ainsi que les autres sites de la CNR (Beaucaire, Fos/Mer, le Pouzin, Bollène) sont gérés automatiquement depuis l’unité centrale de Bollène.»
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Les industriels veulent sortir du système de prix réglementé
Pour définir le prix du mégawatt, le législateur a mis en œuvre des dispositions assurant un prix fixe durant dix à quinze ans aux sociétés d’exploitation. «Pour que l’industriel (ERDF, Eon, etc.) s’investisse dans le projet, l’Etat a fixé un prix de 30 euros le mégawatt. Depuis l’ouverture à la concurrence, ce prix a augmenté. Il est de l’ordre de 80 euros le mégawatt, avec de temps à autre des soubresauts dont les industriels ne peuvent bénéficier. Beaucoup d’industriels veulent donc sortir de ce système de prix réglementés dont les tarifs sont très en dessous du prix fixé.»
(NDLR : le 19 octobre, le prix du mégawatt heure a atteint pendant quelques heures 3 000 euros du mégawatt heure ! Une fluctuation qui intrigue.)
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Combien coûte une éolienne ?
Les coûts de fabrication d’une éolienne, du transport à la fabrication, se chiffrent entre 1 et 1,3 million d’euros par mégawatt.
Actuellement, une éolienne nouvelle génération est conçue pour fonctionner pendant environ 120 000 heures, soit environ vingt années. A titre de comparaison, cette durée est largement supérieure à celle d’une voiture puisque celle-ci n’est que de 4 000 à 6 000 heures de fonctionnement.
Dossier de Gwenaël Pocard et Yves Rivory (extraits).
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