Mardi 09 Mars 2010
Eleveurs de chevaux lourds : ne leur parlez pas de BB !
 
Le Reveil du Vivarais
Lors de l'assemblée générale du syndicat.

L’avenir est sombre pour les éleveurs de chevaux de trait, qui par leur passion participent à la sauvegarde des races.

Laurent Barbin président du syndicat du Nord-Ardèche, dessine les nuages s’amoncelant sur cet élevage traditionnel qui ne trouve guère de rentabilité en dehors de la viande de boucherie : « La Fondation Brigitte Bardot milite pour que le cheval soit classé animal de compagnie, c’est-à-dire pour qu’on ne puisse plus le consommer. Et il y a derrière elle un véritable engouement pour cette cause. Une race est déjà concernée et les propriétaires doivent donc faire appel au service d’équarrissage pour se débarrasser d’un animal en fin de vie. Or le prix de ce service a explosé ces dernières années. Il faut compter entre 300 et 600 euros pour faire enlever une jument. »
Les malheurs des éleveurs ne s’arrêtent pas là. Depuis le 1er février, un certificat est demandé pour transporter un animal vivant. On l’obtient à la suite d’un stage de deux jours qui coûte… 500 euros et qu’il faut renouveler tous les cinq ans. « Il est obligatoire pour un transport de plus de 60 km aujourd’hui, mais il est question de l’étendre quelle que soit la distance », note le président peaugrois, désabusé. Par ailleurs, les bétaillères doivent désormais être homologuées. Il faut notamment 70 cm au minimum entre le garrot du cheval et le plafond. « Résultat de ces contraintes nouvelles, des Italiens venaient chercher chez nous des chevaux pour la boucherie, mais devant désormais limiter leur chargement, ils se tournent vers la Pologne et le Canada, où la législation est plus souple. »
Les haras nationaux, qui participent au sauvetage des races et à l’organisation de concours, connaissent la même tourmente. Depuis le 1er février, de nouveaux contrats d’objectifs sont en place. Dimanche matin à Peaugres lors de l’assemblée générale, Laurent Barbin a commenté l’actualité : « Il y a déjà eu des mouvements de grève dans certains haras. Les aides publiques devraient peu à peu disparaître. Personne ne sait ce qui va subsister. »

Combats de vaches

Dans ce contexte morose, le syndicat des éleveurs de chevaux de trait du Nord-Ardèche fait preuve d’un dynamisme incroyable. Pour 2010 encore, l’équipe de Laurent Barbin, Bernard Déchaux et Michel Bongard concocte de belles manifestations. Ainsi des combats de vaches hérens animeront le traditionnel concours de labour du 5 septembre. L’expérience du halage de bateaux sur le Rhône sera reprise pour les Journées du patrimoine, avec plus d’ampleur cette année. Le concours de présentation de juments poulinières est prévu pour la première fois un dimanche, le 1er août, afin d’attirer un public plus large.
Le député et le conseiller général Denis Duchamp soutiennent les éleveurs. Olivier Dussopt se battra contre la volonté de la Fondation Brigitte Bardot : « Si on classe le cheval « animal de compagnie », c’est la mort de l’élevage. Mais j’ai espoir en la sagesse de l’Assemblée nationale, malgré le fort lobbying sur le sujet. Avec mes collègues Teston et Chastaing, nous rencontrons actuellement les organisations agricoles avant que ne débutent les débats sur la loi de modernisation de l’agriculture, fin 2010. »
L’avenir de l’élevage de chevaux de trait, il en sera question encore samedi matin à Félines, au restaurant la Blache, lors de l’assemblée générale Rhône-Alpes des syndicats d’éleveurs.

Yves Rivory

Article publié le 09/03/2010 à 12:24
Auteur : pao pao
Crédits photos : Le Réveil du Vivarais
Retour
 
Ajouter un commentaire

Commentaires :
Lien permanent : 
 
eZ Publish™ copyright © 1999-2012 eZ Systems AS